la page d'accueil

Ecritures d'ailleurs

Théodore de Banville

La chaîne stéréo dans le salon feutré égrène les notes d'une mélodie accompagnée à la guitare ; les paroles sautillent, rebondissent d'allégresse ou de virtuosité, plongeant l'esthète dans l'admiration, le bonheur chanté de la langue… Le poète-chansonnier se nomme Georges Brassens, fleuron d'une certaine qualité du dire poétique au XXème siècle. Sur lui, on a tout dit et notamment cet archaïsme de la langue et des tournures ; c'est l'occasion de convoquer le grand François Villon et ses Dames du temps jadis. Mais écoutez mieux, cette petite musique du vers, légère, primesautière et parfois grave avec sérénité, nous vient d'un autre bonhomme, bien plus proche dans le temps, drôlement méconnu, oublié, rangé dans les tiroirs et croupissant dans les pages de quelques manuels désuets de littérature. Ce n'est tout de même pas simple hasard si Brassens a mis en musique Le verger du roi Louis…

Liens avec

Un parnassien paradoxal

Les genres de Banville

L'or de Théodore

Bibliographie

Banville, un parnassien paradoxal

par Jean-Paul Charlut

 

Des vers pour chanter

Banville Sylphe suprême

l'être de joie et de pierreries, qui brille, domine, effleure.
S. Mallarmé (Médaillons et portraits, Th. de Banville)

Quand, par exception, deux ou trois lignes parlent de lui, c'est pour vanter cet éternel " acrobate du vers " sur un ton qui respire tout sauf la conviction. Parfois, une vaillante anthologie pousse la complaisance jusqu'à citer quelques vers, voire un poème (court) complet. Il y a grande chance alors qu'il s'agisse de Sculpteur cherche avec soin… un monument de l'Art pour l'art paraît-il, et une possible définition du Parnasse, ce courant jugé bien rebutant qui nous a donné le ténébreux Leconte de Lisle (combien sous-estimé aussi !) et le presque kitsch Heredia… Bref, on nous montre de Banville (c'est lui !) ce qui le caractérise le moins…
Dans son prétendument sévère ou austère Petit traité de Poésie française, qui est tout au contraire une vraie jubilation d'intelligence et d'humour, Banville risque nettement cette leçon : " A quoi servent donc les vers ? A chanter. A chanter désormais une musique dont l'expression est perdue, mais que nous entendons en nous, et qui seule est le Chant. C'est-à-dire que l'homme en a besoin pour exprimer ce qu'il y a en lui de divin et de surnaturel… "
Nous sommes apparemment loin de Mallarmé certes qui abolit le clivage vers / prose et estime qu'il y a versification dès lors qu'il y a effort au style. Mais n'opposons pas trop vite et trop artificiellement l'auteur d'Igitur au zélé Parnassien qui se situe aux antipodes de l'universel reportage. C'est bien Stéphane Mallarmé qui livre cette opinion dont il ne se départira pas : " Mon poète c'est le divin Théodore de Banville qui n'est pas un homme mais la voix même de la lyre. " Et c'est bien au même que le tout jeune Arthur Rimbaud en rupture d'études et de conventions (poétiques, politiques et d'usages) s'adresse, d'abord respectueusement et un an plus tard non sans égratigner le vénéré modèle au travers d'un poème superbe autant qu'insolent qui n'a qu'une ambition, celle de dépasser le maître ; mission accomplie pourrait-on dire pour le chef d'œuvre Ce qu'on dit au poète à propos de fleurs …

Rimbaud témoigne de sa magistrale connaissance de Stalactites ou des Odes funambulesques mais le dialogue sera fugace : Banville alors presque quinquagénaire n'est plus vraiment à l'âge des illusions ou des coups de sang et sa muse acrobatique a choisi une fois pour toutes les voies de l'acceptation du monde (acceptation toute relative au demeurant pour celui qui ridiculisa avec ses amis Murger et Baudelaire le bon sens des Philistins et dénonça vigoureusement l'apothéose de l'épicerie…).
L'exquisité qui s'affiche ostensiblement n'est pas sans amertume. Est-ce méprisable ?
Ne répondons pas trop tôt sous le prétexte que nous ne voyons que l'exigence mallarméenne (absolue en dernier ressort) qui ait tenté en toute lucidité et en l'assumant jusqu'à ses ultimes conséquences l'autre voie (vivre en poésie contre le monde, à contre-monde)…
Suggérer, voilà le rêve, dit " l'irréaliste " Mallarmé qui se garda bien de nommer les choses. Le choix de Banville est tout proche qui explicite : " Ce n'est pas en décrivant les objets sous leurs aspects divers et dans leurs moindres détails que le vers les fait voir ; ce n'est pas en exprimant les idées in extenso et dans leur ordre logique qu'il les communique à ses auditeurs ; mais il suscite dans leur esprit ces images ou ces idées… "
Suggérer pour l'un, susciter pour l'autre qui emmêlent semblablement la trame du songe.
Banville dont on vante le travail, la maîtrise et pour tout dire le métier prend à tout le moins quelque distance avec le plus pointilleux censeur de la poésie de notre âge dit classique. Les comptes ne se règlent pas à fleurets mouchetés. On ne badine pas avec l'inspiration sacrée du poète. Qu'on en juge :

" …à propos des vers, Boileau a donné, entre autres, un précepte absurde, lorsqu'il a dit : Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage. Car si un chant a jailli tout d'abord de l'esprit du poète en réunissant toutes les conditions de la poésie, il est tout à fait inutile que le poète le remette sur le métier, - par parenthèse, quel est ce métier ? - et refasse sur le même sujet vingt autres chants qui ne vaudront pas le premier. Quand l'homme a fait un poème digne de ce nom, il a créé une chose immortelle, immuable, supérieure à lui-même, car elle est tout entière divine, et qu'il n'a ni le devoir, ni même le droit, de remettre sur aucun métier. "

Quant à Malherbe, c'est en vers qu'il se voit exécuté sans plus de rémission :

C'était l'orgie au Parnasse, la Muse
Qui par raison se plaît à courir vers
Tout ce qui brille et tout ce qui l'amuse,
Eparpillait les rubis dans ses vers.
Elle mettait son laurier de travers.
Les bons rhytmeurs, pris d'une frénésie,
Comme des Dieux gaspillaient l'ambroisie ;
Tant qu'à la fin, pour mettre le holà
Malherbe vint, et que la poésie,
En le voyant arriver s'en alla.

Rimeur étincelant, et défenseur forcené de la rime, Banville à coup sûr découragera qui veut imiter, pas qui veut lire et s'extasier. Des Cariatides (1842) publiées à 19 ans au posthume Dans la fournaise (1892), les merveilles foisonnent de gaieté, d'érotisme léger sans afféteries, de saintes ivresses, de tilleuls au matin (les cours de Moulins sa ville natale en sont tout embaumés), de cygnes et de lys dont il se rit souvent, de Thyrse, d'Avalon, de princesses d'Orient et parfois d'étrange gravité (particulièrement dans les textes plus sombres des Exilés).

Ecoutons encore Mallarmé parler de ce modèle admiré : " il marche en roi à travers l'enchantement édenéen de l'âge d'or, célébrant à jamais la noblesse des rayons et la rougeur des roses, les cygnes et les colombes, et l'éclatante blancheur du lis enfant, - la terre heureuse ! "
On pourra toujours ergoter sur ces propos et les juger délirants à l'aune de l'âge de leur auteur (une vingtaine d'années). Oui mais trente ans plus tard, Mallarmé récidive, accentuant s'il se peut le trait : " Avec lui, je sens la poésie m'enivrer, que tous les temps ont appelée ainsi et bois à la fontaine de lyrisme" et sacrant Banville sylphe suprême…
Théoricien écouté du symbolisme Charles Morice situe ainsi la place de Banville dans l'émergence d'une poésie moderne au XIXème siècle : " Disons donc que Charles Baudelaire doit être considéré comme le véritable précurseur du mouvement actuel ; M. Stéphane Mallarmé le lotit du sens du mystère et de l'ineffable ; M. Paul Verlaine brisa en son honneur les cruelles entraves du vers que les doigts prestigieux de M. Théodore de Banville avaient assoupli auparavant. "
L'auteur du Rideau pourpre ne se départit jamais de son admiration comme en témoigne ce propos sans fard : " M. Théodore de Banville rend à l'Art son véritable caractère, qui est la Joie, assigne à la Poésie sa règle dans l'Ode et sa régulatrice dans la Rime… "
Et Banville lui-même, cet homme qu'on voudrait nous faire croire taillé dans le marbre d'une éternité glacée, que dit-il ? Ceci par exemple : " le grand obstacle à la perfection de notre poésie, c'est l'amour de la servitude, c'est la lâcheté humaine (…) l'homme déchu est rebelle à la notion de la liberté. "
S'il prône l'enjambement, le poète le pratique avec bonheur, avec audace et malice:

Tel scintille Aldébaran
Faisant tourner sa rondache,
Il posent tous pour Caran
D'Ache.

Sa légèreté érotique n'a guère été surpassée. Ainsi de ces sveltes couturières sous la pluie, peintes par un Banville au soir de l'âge :

Leurs jupes retroussées
Vainement courroucées
En de vaillants combats,
Montrent les bas.

Malgré toi, c'est l'absinthe !
Les yeux courent, ô sainte
Pudeur, qui t'immolais
Sur leurs mollets.

Parfois, ruse divine,
Au-dessus on devine,
Et ce n'est pas plus cher,
Un peu de chair

Assez ! - le parapluie
Que le soleil essuie,
En bravant le typhon
Reste bouffon.

Légèreté adamantine au demeurant qui scintille comme dans ce Rondel du Thé :

Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise,
Où des poissons d'or cherchent noise
Au monstre rose épouvanté.

J'aime la folle cruauté
Des chimères qu'on apprivoise :
Miss Ellen, versez-moi le Thé
Dans la belle tasse chinoise

Là sous un ciel rouge irrité,
Une dame fière et sournoise
Montre en ses longs yeux de turquoise
L'extase et la naïveté :
Miss Ellen, versez-moi le Thé.

Frivole Banville ? Oui, souvent et merveilleusement comme dans ses Conseils à un écolier (in Rimes dorées). C'est tout de même Baudelaire qui a écrit : " La poésie de Banville représente les belles heures de la vie, c'est-à-dire les heures où l'on se sent heureux de penser et de vivre " :

Ecolier, si je te devine,
Si cet avril rit dans ton sang,
Admire une jambe divine
Quand s'écarte le peignoir blanc ;

Dis lanlaire à l'Académie,
Où sommeille un art ingénu ;
Demeure aux genoux de ta mie,
Et baise longtemps son pied nu.

Et si c'est le jour de l'an, pas question de changer de ton (jubilation !) :

Je souhaite bon jour, bon an,
A Monsieur chose, à Mistenflûte,
Au tambour qui fait rataplan !

Alors jamais sérieux, l'auteur de Gringoire ? Ce serait aller un peu vite en besogne. L'Attrait du Gouffre (in Les Exilés, recueil de très haute veine) donne à lire ceci, dans la foulée hugolienne entre Apollinaire et Charles Cros :

Ces yeux où les chansons des sirènes soupirent,
Océans éperdus, gouffres inapaisés,
Bleus firmaments où rien ne doit vivre, m'inspirent
La haine de la joie et l'oubli des baisers.

Qu'ici-bas est maître, on ne le sait que trop ; et c'est soudain la secousse prosaïque :

Aujourd'hui les wagons, dans ces steppes fleuries,
Devancent l'hirondelle en prenant leur essor,
Et coupent dans leur vol ces suaves prairies,
Sur un ruban de fer qui borde un chemin d'or.

Ici, ce n'est pas tant le progrès - le chemin de fer - qui est vilipendé que le monde trivial. Qu'apparaisse dans le paysage parisien une gigantesque tour de métal et Banville voit une grande fleur délicate, ou un grand lys fleuri dans l'espace et encore :

Comme une toile d'araignée
Où vont se prendre les soleils

En 1859, Banville s'est souvenu de Baudelaire pour rendre un vibrant hommage à Marceline Desbordes-Valmore - Celle qui chantait - et pousse autrement loin la noirceur ; cœur calciné en effet celui qui vient de disparaître :

Tu t'écriais, inassouvie :
Amour ! je veux, dès cette vie,
Ton délire immatériel
Et tes voluptés immortelles :
Puisque l'âme a gardé ses ailes
Il faut bien qu'on lui rende un ciel !

Non ! tout désir qui nous déchire
N'est qu'un avant-goût du martyre !
Non, l'univers déshérité,
Où toute vertu saigne et pleure,
Ne peut pas nous donner une heure,
Fût-ce au prix de l'éternité.

Ce ton grave, voire désespéré n'est pas courant chez Banville maître d'élégance et de féerie comme pour ce ballet kaléidoscopique du Premier soleil :

Les lilas vont fleurir, et Ninon me querelle,
Et ce matin j'ai vu mademoiselle Ozy
Près des Panoramas déployer son ombrelle :
C'est que le triste hiver est bien mort, songez-y !

Voici dans le gazon les corolles ouvertes
Le parfum de la sève embaumera les soirs,
Et devant les cafés des rangs de tables vertes
Ont par enchantement poussé sur les trottoirs.

Adieu donc, nuits en flammes où le bal s'extasie !
Adieu concerts, scotishs, glaces à l'ananas ;
Fleurissez maintenant fleurs de la fantaisie,
Sur la toile imprimée et sur le jaconas !

La transfiguration du quotidien est à goûter sans mesure (souvenons-nous de l'enchantement édenéen dont parle Mallarmé). Car ne nous y trompons pas si chez Banville, à l'opposé de Charles Cros, on s'assoit bien aux tables des heureux. La vie en est-elle plus simple ? Avant Baudelaire, Banville prône l'oubli de l'ivresse en tons chatoyants avec l'inévitable vibration érotique :

Jamais dans la salle
Belle et colossale
De lustres éteints,
Car dans nos demeures
Tandis que tu pleures,
Les jours et les heures
Sont tout aux festins !


Une longue danse
Entoure en cadence
L'éternel repas.
La danseuse penche
Doucement sa hanche
Et sa robe blanche
S'ouvre à chaque pas !

Les foules ravies
Aux tables servies
Des plus riches mets,
Parmi la paresse
Où l'amour les presse,
Goûtent une ivresse
Qui ne meurt jamais !

Gare pourtant : derrière la fête, c'est la fin d'un monde qui se profile. La poésie est un territoire menacé - et Banville sera l'un des premiers à penser, à écrire cela - qui peut basculer reniant ses dieux, ses oripeaux, ses tours alors que tout autour :

On n'entend plus que le râteau
De la roulette et de la banque.

Lui-aussi sera malgré qu'il en ait, contraint de tourner l'épaule à la vie. Le poète-funambule n'a pas sa place dans ce monde d'épiciers et de bourgeois gantés :

Tribun, prophète ou baladin,
Toujours fuyant avec dédain
Ces pavés que le passant foule,
Il marche sur les fiers sommets
Ou sur la corde ignoble, mais
Au-dessus des fronts de la foule.

De toute manière, plaire n'est pas un but car " toutes les fois qu'il t'arrive de plaire aux sots, à quelque degré que ce soit, sache bien que tu es tombé par quelque côté dans la vulgarité et dans la niaiserie. "

*

Très haut dans les nues ou très loin - comme on voudra - résonne étincelante la parole de Stéphane Mallarmé qui parle - devinez ! - encore de Banville :

" La Poésie, ou ce que les siècles commandent tel, tient au sol avec foi, à la poudre que tout demeure ; ainsi que de hautes fondations, dont l'ombre sérieuse augmente le soubassement, le confond et l'attache. Ce cri de pierre s'unifie vers le ciel en les piliers interrompus, des arceaux ayant un jet d'audace dans la prière ; mais enfin, quelque immobilité. J'attends que, chauve-souris éblouissante et comme l'éventement de la gravité, soudain, du site par une pointe d'aile autochtone, le fol, adamantin, colère, tourbillonnant génie heurte la ruine ; s'en délivre, dans la voltige qu'il est seul.
Théodore de Banville parfois devient ce sylphe suprême. "

A-t- on parlé mieux en aucun temps de l'art de poésie ?


Ce n'est pas tout.
En l'auteur des Cariatides, son cadet de deux ans, Baudelaire (lui aussi !) salue un original de la nature la plus courageuse.
Et Baudelaire cite ces strophes splendides " pour l'amour du luxe poussé au-delà du tombeau " :

Mais moi, vêtu de pourpre, en d'éternelles fêtes,
Dont je prendrai ma part,
Je boirai le nectar au séjour des poëtes,
A côté de Ronsard.

Là, dans ces lieux où tout a des splendeurs divines,
Ondes, lumières, accords,
Nos yeux s'enivreront de formes féminines
Plus belles que des corps ;

Et tous les deux, parmi des spectacles féeriques
Qui dureront toujours,
Nous nous raconterons nos batailles lyriques
Et nos belles amours.

Le grand poète des Fleurs du Mal voit dans le vers de Banville le retour vers l'Eden perdu en même temps qu'une pureté primordiale : " Dans ses vers tout a un air de fête et d'innocence même la volupté " Mais surtout : " Banville seul, est purement, naturellement et volontairement lyrique ".

" Qu'est-ce que le lyrisme ? " demande fort à propos Banville dans son Petit traité de poésie française. Il y répond en ces termes : " C'est l'expression de ce qu'il y a en nous de surnaturel et de ce qui dépasse nos appétits matériels et terrestres, en un mot de ceux de nos sentiments et de celles de nos pensées qui ne peuvent être réellement exprimés que par le Chant, de telle sorte qu'un morceau de prose dans lequel ces sentiments ou ces pensées sont bien exprimés fait penser à un chant ou semble être la traduction d'un chant. " Rousseau, Chateaubriand, Hugo avaient déjà fait le pas décisif sur cette route où poésie et vers n'ont plus forcément partie liée… Baudelaire et Aloysius Bertrand ont réglé la question à travers Le Spleen de Paris et Gaspard de la nuit. Mais Banville garde la tradition du vers scrupuleusement rimé (c'est son credo) jusqu'au bout, conscient d'une implacable menace qui rendra le vocable d'hier caduc, voire inaccessible à jamais. Que sont aujourd'hui nos poètes devenus ? Je veux dire : qui les entend encore ?
Baudelaire avait noté la tendance démoniaque de l'art moderne dont lui-même participait (avec quel éclat !) et ne pouvait qu'en exclure Banville tant celui-ci avait œuvré à contre-courant (il a l'audace de chanter la bonté des dieux) refusant de se pencher sur ces marécages de sang, sur ces abîmes de boue…

Faire voir tout en beau, avait préconisé le Lautréamont des Poésies après s'être gorgé du mal d'aurore. Pour Banville le bonheur :

C'est de faire frémir sous le soleil des rois
Ces plaques, ces cordons, ces écharpes à franges,
Etoiles colliers d'une splendeur étrange,
Crachats de pierrerie, éblouissants et froids,
Ces riches arcs-en-ciel, ces rubans et ces croix
Couleur d'azur, de pourpre et de flamme et d'orange !


Il est temps de saluer aujourd'hui Banville dans son théâtre en plein vent bâti dans les étoiles … Hérodiade nue, parée d'or et de rubis officie pour des temps enfuis et peut-être - ô poète ! - pas encore advenus.


Jean-Paul Charlut - Septembre 2002

haut de page

imprimer cette page