Ecritures d'ailleurs
thierry beinstingel
Ouvrir un site littéraire quand on est écrivain et que l'on publie ses livres : pourquoi ? Auteur de "Central" paru aux éditions Fayard, Thierry Beinstingel conduit sur internet une entreprise originale qui consiste en une tentative d'exposition de son travail littéraire. Les notes, la "cuisine"au grand jour, à la vue de tous. Thierry Beinstingel tente ici une explication de sa démarche. Nous le remercions pour cet inédit. High quality software marketing strategy practice
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Tentative travail littéraire
par Thierry Beinstingel
Tentative :
d'où l'on part, hésitant, vaguement titubant, le mot qui commence comme un voyage, la tente,
le désert à traverser, le chameau, l'eau, les choses essentielles, tout ce qui est superflu et qu'on laisse au point qu'il ne reste que des mots réduits au minimum,
et la terminaison de tentative, hâtive, au goût de légume radis, rave, endive, sorte de végétal végétant, mais attendant quoi bon dieu ! reverse ip lookupExposition :
là, vraiment lâché, posé, couché devant quoi, quel tableau, quelle position ?
Le souvenir de ce musée (Florence, Venise, le Louvre?) salles immenses
Ô le bruit creux des pas, des silences, feutre des étoffes râpées, les velours des banquettes, allongés regardant des plafond peints, angéliques, bras potelés roses, nuages évaporés, bouches entrouvertes d'où s'échappaient des mots, des souffles invisibles
exposé à quoi, à la vue de tous ?
Est-ce les tableaux qui nous regardent ou nous qui regardons ces visagesde peinture ?
Croûtes sèches autour des lèvres, dents couleur de banquise, charbon des bouches,
comme l'ombre des estomacs, Jonas dans la baleine
Qui avale l'autre?
carmin des étoffes, traits de pinceaux, spatules, plaques, purées puériles de couleur, mais qui joue ?
exposé donc, surexposé,
plein soleil, plage, coup de chaud, cramoisi, carmin, écrevisse,
frais des rivières et les pinces tapies dans l'ombres prête à
prêtes à quoi?
sous-exposé, la banquise, l'ours blanc, soleil rasant, le désert enfin qu'il soit de sable et de sahara, de neige et d'Adélie,
Adélie, mon unique, amour au tréfonds, cur sanglant percé d'une flèche
et qui expose au regard à des kilomètres. L'ours observe sa proie. Le fennec, tapi dans une broussaille, attend la mort de soif de...
L'imprudent, reniflé peu après par l'animal au oreilles de satellites, peluche pour marmot d'occident.
Lui, avant de mourir, la main dans une poche (la tentative?) pour attraper la photo d'un enfant devant un arbre de Noël, maintenant reniflé par les oreilles aux yeux d'obsidienne, exposé à la mort, crucifié.
S'exposant donc devant l'éternité. Ou les hommes, ce qui est la même chose.Travail :
On partait de bon matin, (la femme faisant un signe, ou la mère ou la sur). L'expression gagner sa vie. On avait tout à perdre. On s'est jeté les deux pieds dedans.
Sorte de bassine émaillée,
de celle utilisée pour le grain des poules autrefois,
mais gâtée, gâchée par le ciment, les deux pieds dedans, immobile, sot comme peuvent l'être les hommes, pris dedans, dans le travail, insidieux, aliénant. Et fiers de l'être avec cela, les hommes.Littéraire :
On entrait comme dans une cathédrale, ce mot et son bruit de grincement, huile de gonds, lourds battants
Un vol de choucas traversait en oblique le choeur et la croix toute entière semblant soutenir
le transept cela s'appelle. Transe, transe et sept comme les sept nains.
Blanche neige sur le dôme des cathédrales, il faisait froid en hiver, emmitouflés ma sur et moi sous d'épaisses écharpes.
Le conte est un genre littéraire.
Mot abstrait qu'on sort comme un trésor
de cathédrale, crucifix en or, pierreries, moyen âge et le siècle des lumières commençant par ces bougies, on croyait entendre
des mots impatients nous brûler les lèvres
on restait là, vaguement tenté, exposé, travailleur,
et l'échoppe au lourd volet de bois, les passants en chausses, un caniveau crachait des liquides, un cochon sur des épluchures
on ouvrait boutique, on accrochait des enseignes, des mots incongrus
A Venise, les innombrables boutiques de carnaval, masques, Arlequin,
Pour vivre heureux vivons caché
On s'exposait au mal puissant des mots, on choisissait littérature,
on entrait au couvent des oiseaux.
On ouvrait des mots virtuels, des feuilles de route, une tentative d'exposition du travail littéraire.
Des mots réduits au minimum,
la feuille de route et ne garder que le mot "feuille",
vent d'automne choses décadentes, la décade et rien de plus de ce qu'il faudrait pour marquer une histoire
ou le mot "route", chemin incertain, les dunes mouvantes, l'or du sable et du soleil, l'or de nos têtes, l'or qui aveugle.
Ne resteraient que les mots résonnant dans nos têtes.© Thierry Beinstingel