Ecritures du Sud
"Ces toiles"... par Joë Bousquet
Joë Bousquet et la guerre de 14-18
Ces deux textes ont été publiés dans un dossier spécial de la revue Languedoc Art Presse consacré à Joë Bousquet.
Joë Bousquet et René Char, habiter la douleur
Bousquet-Char, une correspondance
D'une autre vie, mais quelle ?
Lien avec
Joë Bousquet et la guerre de 14-18
par Serge Bonnery
1 - "Mon capitaine et mon maître"
La scène, telle que la raconte Joë Bousquet (1) , se passe dans sa chambre. Il est recouvert d'un "vaste édredon noir" que Marie, la bonne, a jeté sur son lit. "Couleur funèbre", note-t-il, "qui ne me frappe qu'à l'heure où j'écris".
Il y a là Simone, vêtue d'une robe "couleur de deuil". Géo, quand elle arrive, s'assied sur son lit et lui raconte un rêve. Elle dit à Bousquet : "Ce n'est pas la première fois que je vous vois en songe avec les traits d'un prêtre".
Ce récit, bref, déclenche en Bousquet le souvenir du quai de gare où il fut transporté, le lendemain de sa blessure, pour être ensuite évacué vers l'hôpital militaire anglais de Ris-Orangis. Il écrit : "Je me suis souvenu que, sur le quai d'une gare, pendant qu'un brancard m'emportait, brisé depuis un jour, étendu et les yeux au ciel, j'avais entendu les semelles d'un soldat essoufflé qui courait derrière mes porteurs, en criant "Oh ! Monsieur l'abbé ! Monsieur l'abbé". Je ne savais pas encore qu'à la même heure, l'abbé Houdard, mon capitaine et mon maître, tombait sur le champ de bataille, pour disparaître à jamais, car son corps ne devait pas être retrouvé".
Mon maître Houdard. Le capitaine de la troisième compagnie du 156ème régiment d'infanterie où Joë Bousquet servait avec le grade de lieutenant, était un jésuite. Il eut - les rares écrits de Bousquet à son sujet en attestent - un ascendant considérable sur le jeune homme qui, ayant librement choisi de devancer son destin en entrant dans l'armée dès 1916 à l'âge de 19 ans, fit à ses côtés son apprentissage de la guerre. Et plus que l'apprentissage de la guerre, l'apprentissage de la vie. "Je n'ai jamais vu, ni ne verrai évidemment jamais d'homme aussi parfaitement noble, aussi extraordinairement humain que Louis Houdard" (2), dit Joë Bousquet dans son seul texte résolument autobiographique.
Il est certain que le lien entre Louis Houdard et Joë Bousquet dépassa très vite le cadre simple des relations d'officier à subordonné. Dans l'urgence de vivre qu'impose le champ de bataille, Bousquet effectue avec Houdard sa première rencontre capitale. Houdard, "le seul homme, je crois, dont Bousquet ait vraiment admiré le caractère et dont il ait cru sentir la présence toute sa vie durant" (3).
Le poète et le jésuite sont-ils parvenus jusqu'à la mystérieuse fusion des corps et des âmes, comme semble le montrer le récit de Bousquet qui nous intéresse ici ? Géo le vit en songe "avec les traits d'un prêtre", comme le soldat qui, sur le quai de la gare, courant derrière les porteurs, l'avait appelé "Monsieur l'abbé !". Etrange que cet épisode survienne au moment où l'abbé Houdard tombe sur le champ de bataille. Plus étrange encore, le fait que le corps de Louis Houdard ne fut jamais retrouvé. Coïncidence ? Non : Bousquet notait les faits parce qu'il y voyait des signes. Et pour Bousquet, tout signe était chargé de sens.
Le sens profond de celui-ci est à chercher dans un épisode antérieur de seulement quelques heures, lorsque Bousquet, blessé à Vailly, est sauvé contre son gré par deux de ses hommes. "Quelques hommes ont couru vers moi, refusant, malgré mes ordres, de m'abandonner. Plusieurs fois, je leur ai dit qu'ils me sauvaient en vain et qu'il valait mieux m'abandonner sur ce plateau où la nuit tombait vite maintenant couvrant l'avance de plus en plus rapide de l'ennemi. J'ai été emmené malgré moi, complètement inerte déjà " (4)
L'un des deux soldats qui ont traîné Bousquet loin du feu dans un brancard de fortune s'appelait Alfred Ponsinet. Son précieux témoignage nous permet de revoir l'instant où se joue le destin de Bousquet : "Il ne reste plus que Potard et moi. Immédiatement, je déroule ma toile de tente que je porte en bandoulière et avec Potard nous le relevons, l'enveloppons tant bien que mal dans cette toile, nous nous regardons et nous disons : nous serons sans doute tués, mais il ne restera pas entre leurs mains". (5)
Le lieutenant est évacué sous les balles jusqu'au poste de secours de la compagnie. Alfred Ponsinet : "Le capitaine Houdard demande le nom du blessé. Mon capitaine, c'est le lieutenant Bousquet. Il se penche alors sur lui et l'embrasse". (6)
La scène du baiser vient d'avoir lieu. Mais il ne s'agit pas de n'importe quel baiser puisque c'est sur la bouche que Houdard embrasse le jeune lieutenant. "J'étais, dans mon désespoir de paralytique, affreusement troublé par le baiser sur la bouche qu'Houdard m'avait donné en me disant adieu", confie Bousquet bien plus tard encore (7). La suite de la confession dit l'essentiel : "Mais que signifie donc le baiser du prêtre à un mourant ? La prière faite à Dieu de maintenir, dans un corps détruit, l'âme qui n'a pas encore trouvé ses voies " (8)
Maintenir l'âme dans un corps détruit : la rencontre de Houdard et de Bousquet dépasse les circonstances dans lesquelles elle a eu lieu. Le fait se transmue en signe. Le rêve de Géo, la confusion du soldat sur le quai de gare prouvent que Bousquet portera la marque de son capitaine gravée en lui tout le restant de sa vie. La lettre à Carlo Suarès confirme : "Alors il m'a embrassé. Il m'a dit à l'oreille : Bousquet, vous prierez pour moi ! Il lui restait douze heures à vivre. Mais tu comprendras pourquoi l'athée cent pour cent que je suis fait dire en secret tous les ans une messe pour cet officier sans famille, prêtre de son état" (9).
Au moment du baiser, c'est une fusion qui se produit. Fusion toute mystique où le corps déchu du lieutenant blessé devient le réceptacle de l'âme du capitaine tué dont le corps, aux dires de Bousquet lui-même, fut perdu. "M'embrasser sur la bouche, c'était souscrire à la superstition, répandue parmi les religieux, que ce baiser d'un être consacré avait le pouvoir de faire durer l'agonie jusqu'à l'illumination de l'âme" , écrit aussi Bousquet.
La vie de Joë Bousquet, après la blessure et jusqu'à sa mort, ne fut qu'une lente agonie. "Je ne suis pas sûr qu'il n'ait pas ressenti, quand il fut lui-même sur le point de mourir, cette illumination de l'âme dont il avait été toujours en attente, comme l'avait voulu le Père Houdard", souligne René Nelli . L'âme du jeune Bousquet qui n'a pas encore trouvé ses voies, l'écrivain la cherchera, je crois, dans l'illumination de ce baiser. "Aurai-je un jour le droit d'écrire que le souvenir déterminant, c'est celui qui s'objective sans cesser d'être un souvenir ?" s'interroge encore Bousquet en avril 1942 (10).
Un souvenir ne s'objective qu'à la condition de prendre la place d'une présence ôtée, c'est-à-dire à la condition qu'il cesse de n'être que la simple figuration d'une absence. Toute l'écriture de Joë Bousquet tend vers cette transmutation essentielle. Jusqu'à l'affirmation possible de la certitude que "la vérité est de l'être " (11)(1) La marguerite de l'eau courante. Oeuvres romanesques complètes, tome III. Albin Michel. 1982. / (2) D'une autre vie. Rougerie. 1982. / (3) René Nelli : "Joë Bousquet, sa vie, son oeuvre". Albin Michel. 1975. / (4) Lettres à Carlo Suarès. Rougerie. 1973. / (5) Témoignage publié dans le journal l'Indépendant du jeudi 11 novembre 1965, repris dans "Joë Bousquet, sa vie, son oeuvre" de René Nelli. / (6) Idem / (7) La marguerite de l'eau courante. / (8) Idem / (9) Lettres à Carlo Suarès. / (10) La marguerite de l'eau courante. / (11) Idem
2 - "et je suis resté debout "
Dans les jours qui précèdent le déclenchement de la grande offensive allemande connue des historiens sous le nom de deuxième bataille de la Marne, d'importants mouvements de troupes s'opèrent dans le secteur tristement célèbre du Chemin des Dames.
En ce printemps 1918, l'Etat-major des armées françaises s'attend à un affrontement dont l'issue pourrait être décisive. On est entré dans la quatrième année d'une guerre qui ne devait durer que quelques semaines. Les chefs sont de plus en plus confrontés à la colère des poilus. On signale des mutineries dans certaines divisions d'une armée épuisée. Les soldats qui refusent d'obéir ne se comptent plus. On fusille les révoltés pour l'exemple. Il faut en finir au plus vite.
Le projet de percée allemande sur la Marne, entre Laon et Soissons, est connu des services de renseignements. A partir du 24 mai, des régiments entiers sont déversés dans la région pour faire front à une éventuelle attaque. Le 26 mai à 23 h 40, la VIème armée regroupée dans les environs de Fismes, à quelques kilomètres au sud de l'Aisne, reçoit l'ordre de marche annonçant "l'imminence d'une attaque ennemie ( ) d'après les déclarations de prisonniers qui viennent d'être capturés" (1).
Ce 26 mai 1918, l'armée allemande est positionnée sur une ligne parallèle au Chemin des Dames, entre Soissons et Reims. Dans la nuit du 26 au 27 mai, l'attaque est confirmée par les tirs soutenus de l'artillerie ennemie tandis que les poilus tenant les positions les plus avancées sur le front sont incommodés par les gaz en provenance du nord. L'offensive est lancée à la pointe du jour.
"Puis cela a été le fameux printemps de 1918. L'issue fatale approchait, je la voyais venir" (2). La troisième compagnie du 156ème régiment d'infanterie placée sous le commandement du capitaine Houdard est cantonnée dans le secteur de Vailly-sur-Aisne où elle a été amenée par camion, dans la nuit du 26 au 27 mai, aux environs de minuit. Exactement au point précis où, dans la journée du 27 mai, les troupes françaises se heurteront de plein fouet à la première vague - fulgurante - de l'armada allemande. "Les balles crépitent de tous côtés, les obus éclatent autour de nous" (3), se souvient Alfred Ponsinet, soldat de deuxième classe servant sous les ordres du lieutenant Bousquet. Joë Bousquet lui-même raconte plus tard à son ami Carlo Suarès : "Il faisait très chaud dans le bois de chênes verts que nous avions traversé pour prendre position. ( ) Au débouché du bois, il y avait un officier d'artillerie blessé en conversation avec notre colonel un peu pâle. Toute la ligne avait sauté. Dix divisions allemandes s'étaient ruées dans la brêche ( ) On a engagé deux compagnies qui se sont fondues. A cinq heures du soir, j'ai reçu l'ordre de me porter à leur secours. ( ) J'ai déployé mes hommes sur un plateau couvert de cultures. Les premiers obus arrivaient ( ) J'avais reçu cet ordre cruel qui tient en peu de mots et qui dit tant : tenir coûte que coûte ! Je comptais des yeux les hommes qu'il fallait faire tuer avec moi" (4).
Faire tuer avec moi : il est clair que Bousquet ne se considère pas comme protégé parce qu'il arbore des galons d'officier. Tout son engagement militaire repose sur une présence au combat, en première ligne, toujours volontaire pour les coups de mains les plus périlleux. "A Chivy, le 16 avril 1917, j'ai été loué pour avoir, contre toute raison, refusé de me laisser capturer. Ma rage de me défendre, n'avait pas diminué, l'année suivante, et, au mont Kemmel, pour ôter à mes hommes l'envie de se rendre, je les ai faits les complices d'un crime. J'ai tiré sur un parlementaire allemand pour les forcer à défendre non plus leur liberté, mais leur peau. Un mois après, j'ai fui dans le danger l'occasion de finir la guerre derrière les barbelés" (5).
Ces mots, dans leur crudité, ne laissent planer aucun doute sur l'état d'esprit de Joë Bousquet, décidé à jouer sa vie dans cette guerre. "Le 16 avril 1917 approchait. C'était la fameuse attaque. On devait crever les lignes allemandes et se diriger sur Laon. Mais il fallait, au cours de l'avance, franchir l'Ailette ; et l'on demandait des volontaires pour commander les patrouilleurs qui devaient, à un moment de l'action, partir en avant en enfants perdus. J'ai demandé cette mission. Tu vois, c'est cela qui importe : mon état d'esprit de garçon de 19 ans qui trouvait que cette attaque risquait encore d'être fade au regard de l'envie qui m'était venue de jouer ma vie" (6).
Dès ses premières missions, le jeune aspirant Bousquet se signale par son intrépidité. Cette attitude au feu lui vaut une fulgurante ascension dans la hiérarchie de son régiment. Il obtient rapidement son grade de lieutenant et la médaille militaire. Les citations pleuvent sur lui comme autant de preuves de son courage insensé. L'officier doit forcer le respect de ses hommes - pour la plupart des repris de justice, des détenus de droit commun qui composaient l'effectif du régiment disciplinaire dans lequel Bousquet lui-même avait demandé son incorporation. Pour être obéi, il doit donner l'exemple et se compte sans hésiter parmi les victimes. A Vailly, le 27 mai 1918, sa déjà grande pratique de la guerre (malgré son jeune âge) et son intelligence stratégique lui ont permis de comprendre immédiatement que l'ordre reçu de "tenir coûte que coûte" était synonyme de sacrifice.
"Les Allemands avançaient de trois côtés à la fois, quarante fois plus nombreux que nous, couverts par un feu très violent qui commençait à me blesser et me tuer des hommes. ( ) Quand les éléments les plus avancés n'ont été qu'à une cinquantaine de mètres, quelques hommes se sont levés pour s'enfuir et j'ai dû les ramener de force dans le fossé où nous avions organisé, bien pauvrement, une position de fortune. Et alors, j'ai compris que c'était fini et je suis resté debout" (7). L'heure que Joë Bousquet attendait ou, en tout cas, n'avait jamais cherché à retarder, venait de sonner. "Je n'ai pas eu à attendre longtemps. Une balle m'a atteint en pleine poitrine, à deux doigts de l'épaule droite, traversant obliquement mes poumons pour sortir par la pointe de l'omoplate gauche ; ce qui faisait, du même coup, traverser au projectile mes deux poumons et la partie avant du corps vertébral. Je suis tombé " (8)
On connaît, par Joë Bousquet lui-même, les raisons qui l'ont poussé à se jeter au devant de la mort, servi en l'occurrence par les circonstances d'une offensive allemande que les troupes françaises engagées le 27 mai sur l'Aisne ne purent endiguer. La trouée ennemie fut spectaculaire ce jour-là. Bousquet fut parmi les tout premiers à recevoir le coup de boutoir en pleine face. Le fait ne pouvait mieux advenir, au moment où le lieutenant venait de recevoir la lettre d'une jeune femme aimée qu'il avait rencontrée à Béziers lors d'une précédente convalescence. Divorcée, elle lui annonçait qu'il devait rendre publique son intention de l'épouser car son père venait de découvrir leur liaison. "Il me fallait ce réactif pour comprendre que j'étais peu fait pour partager sa vie" (9), confie-t-il à Carlo Suarès en 1936. L'ordre de se porter au devant de l'attaque allemande fut-il un terrible prétexte ?
Dans l'un de ses derniers écrits publiés, Ginette Augier a enrichi la lecture de l'événement : "Le lieutenant Bousquet avait, en face de lui, une section d'infanterie composée de repris de justice et de territoriaux. Dans son comportement et dans ses propos, Houdard avait montré à Bousquet qu'il le considérait très différent des autres. Bousquet le savait. Il devait montrer quelle était sa valeur et donner l'exemple du courage.( ) Je demeure persuadée que, si le capitaine n'a pas ordonné expressément à Bousquet de rester debout (la restriction mentale est aussi une pratique des jésuites), il n'en a pas moins conditionné très fortement son geste". (10) Je partage cette analyse, confortée d'ailleurs par Bousquet lui-même dans le récit qu'il fait des dernières paroles échangées avec Louis Houdard alors qu'on ramenait le blessé au poste de secours de la compagnie : "Il pleurait, et je n'ai compris qu'à ce moment-là combien cet homme m'aimait : Bousquet, m'a-t-il dit, mon petit Bousquet, on va vous guérir. - Non, lui ai-je répondu, je suis perdu, mais cela n'a aucune espèce d'importance. Et je me souviens que je lui ai demandé si j'avais fait tout ce qu'il attendait de moi ; et s'il était content de m'avoir eu sous ses ordres".
La blessure de Bousquet est le résultat de trois facteurs :
- le défi d'un jeune homme qui s'ennuie et qui a décidé d'en découdre avec la vie à n'importe quel prix, comme l'explique le fait qu'il a devancé l'appel sous les drapeaux (de quelques mois, certes, mais tout de même ) "Rien de plus prémédité que ce coup de tête. Je savais où j'allais, les risques qu'il y avait à courir ; et je ne trouvais pas d'autre issue à une situation morale qui me semblait chaque jour plus étouffante" (11).- le défi amoureux, à une époque où la morale réprouve encore des situations propres à créer le scandale dans les milieux bourgeois, et qui offre à Bousquet l'occasion de confondre dans la guerre "l'amour de l'amour avec l'amour de la mort" ; posture "chevaleresque", note René Nelli, pour qui Bousquet entre "dans la mythologie des amants ( ) du Moyen Age qui ne consentaient à mourir que pour le double féminin qu'ils portaient en eux" ; posture renforcée par le port de bottes rouges qui, pendant l'attaque, faisait de vous une cible idéale. "Je ne montais jamais en ligne que botté ; et n'ai jamais compris la raison qui me déterminait ( ) Des bottes de cuir rouge ont disposé de mon sort" (12).
- et le désir enfin, ancré chez le jeune officier, de ne pas décevoir son capitaine à qui il voue une admiration sans limite.
La conjugaison de ces trois éléments confère à la blessure son caractère paroxystique. Joë Bousquet ne croyait ni au hasard ni à la fatalité. Tout, dans l'homme qu'il était alors et dans l'enchaînement des faits depuis son incorporation en 1916 (et sans doute bien avant ) l'avait préparé à l'événement capital.
Il reste que le fait, en soi, n'est que la représentation de notre peu de réalité. S'il n'est revêtu d'aucun sens, il lui est impossible de se transmuer en événement. "Il est probable que c'était nécessaire, car une vérité avait encore à se faire jour, il fallait que le sens de tout ceci apparût " (13) Donner un sens à sa blessure : voilà ce à quoi Joë Bousquet va désormais se consacrer. Il trouvera dans l'écriture le moyen d'y parvenir. La deuxième vie pouvait commencer(1) Témoignage militaire sur l'engagement de la 13ème division d'infanterie au début de la bataille de la Marne. / (2) Lettres à Carlo Suarès. / (3) Témoignage d'Alfred Ponsinet publié dans le journal L'Indépendant du jeudi 11 novembre 1965, repris dans "Joë Bousquet, sa vie, son oeuvre" de René Nelli. / (4) Lettres à Carlo Suarès. / (5) La neige d'un autre âge. Oeuvres romanesques complètes. Tome 2. Albin Michel. 1979. / (6), (7), (8) et (9) Lettres à Carlo Suarès / (10) Ginette Augier : "Le choix de Vailly". in Joë Bousquet ou le génie de la vie. Cahiers du centre Joë Bousquet et son temps. Carcassonne. 2000. / (11) Lettres à Carlo Suarès. / (12) La neige d'un autre âge. / (13) Lettres à Carlo Suarès.