Deux poèmes de Jean-Marie Barnaud

 

Il n’y a pas d’oiseau
Dans la main sourde
Des forts
Que plombe le mal
Nécessaire

Et qu’y pouvons-nous
Si c’est la loi d’airain
Qui gagne encore
Avec ses chiffres pour flambeau

La force passe sur les villes
Comme le maître de la nuit
Sa poudre d’or entre les doigts
Et pour sa gloire
Elle fait le compte de ses morts

 

 

 

La force n’aime pas
Qu’on trouble ses rivières
Elle sait la rigueur des temps
Le goût amer que laisse aux pauvres
La défaite
Elle voit bien que par ici
On ne joue pas
Elle compatit et rend hommage
À ceux qui vont à petits pas
Jusqu’à la tombe

Elle a pour elle ses raisons
Elle sait faire propre
Quand il faut

© Jean-Marie Barnaud et Le Cairn

 

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