L'atelier du roman
"Le roman est un monde entier"
par Serge Bonnery
Comme son nom l'indique, L'atelier du roman est une revue littéraire exclusivement consacrée au roman. Fondée en 1993 par une équipe de romanciers rassemblée autour de Lakis Prodiguis, L'atelier du roman se définit comme "une revue de critique, de création et de réflexion". Elle étudie donc le roman "en tant qu'art qui saisit l'homme, l'histoire, l'existence, comme un mystère infini". payday loans
La particularité de L'atelier du roman est d'être réalisée par les romanciers eux-mêmes, invités à exprimer leurs idées sur leur art, sur leurs choix, et sur les tendances qui se dessinent dans l'avenir. "Nous partageons la conviction, dit Lakis Prodiguis, que la parole de l'artiste est beaucoup plus juste et plus authentique que celle des doctes ou des publicitaires".
L'atelier du roman ne se contente pas d'explorer le genre romanesque dans sa seule expression francophone. "Le roman est un monde entier", pensent les animateurs de la revue. "Il est donc beaucoup plus intéressant de promouvoir le dialogue sur ses découvertes que de s'enfermer dans un seul pays, un seul courant esthétique ou dans une seule pensée". Ici, l'horizon du roman n'a pas de frontières, ni dans le temps, ni dans l'espace, puisque l'Atelier accueille des articles aussi bien consacrés à des romanciers contemporains que passés, de France ou d'autres pays.
Quelques noms de collaborateurs donneront une idée de l'ambition de la revue à ouvrir toutes grandes les portes du dialogue et de la confrontation. Ont notamment collaboré à l'Atelier du roman depuis sa création : Milan Kundera, Günter Grass, Ernesto Sabato, Michel Déon, Benoît Duteurtre, François Taillandier, Fernando Arrabal, Michel Houllebecq, Mohammed Dib, Claudio Magris, Lydie Salvayre, Jean-Claude Pirotte, Dominique Noguez, Jean Rolin, Jean-Yves Masson, Patrick Rambaud etc...
"Nous n'aimons ni les retours à, ni les manifestes. Nous voulons tout simplement prendre de la distance, nous éloigner un peu de cette navette dans laquelle semblent être embarqués critiques, romanciers et public. Respirer. Méditer. Oui, méditer sur et à l'aide du roman. Ouvrir notre réflexion aux grandes oeuvres, aux oeuvres qui nous marquent et qui n'arrêtent pas de nous former et reformer. Nous tenir aussi, d'une certaine manière, à la traîne de l'actualité pour la saisir différemment, voir d'une autre façon ce qui compte, ce qui peut durer", écrivait Lakis Prodiguis, directeur de l'Atelier du roman, dans le premier numéro de la revue publié à l'automne 1993.
Après avoir été longtemps accueilli par les éditions de La Table Ronde, L'atelier du roman change d'éditeur, en cette année 2003. C'est désormais Flammarion qui publiera chaque trimestre un numéro de la revue. Mais pour rester chez Flammarion, L'atelier du roman doit atteindre un objectif de 400 abonnés d'ici fin 2003. On n'échappe jamais aux impératifs économiques. L'important, à nos yeux, est que L'atelier du roman puisse continuer à vivre, à porter des paroles multiples, à poser des regards enrichissants sur le genre romanesque, à susciter des débats, donc des rencontres. Un tel rôle, seules les revues sont encore en mesure de l'assumer. Il nous paraît indispensable à la vitalité de la création contemporaine.
L'atelier du roman. Editions Flammarion. 26 rue Racine. 75006 Paris. e-mail : atelierduroman@flammarion.fr. Pour l'année 2003 : 4 numéros, 42 euros. D'anciens numéros sont également disponibles au prix de 12 euros.