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La poésie contemporaine

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Béatrice Machet et la poésie amérindienne

Béatrice Machet en notes de lecture

Béatrice Machet

Muer

Elle n'a pas dit
Elle n'a pas tu non plus
ses sentiments errants dans un labyrinthe
Elle ne dit pas
elle ne tait pas non plus
les vagues du rire
qui submergent et noient
le labyrinthe
Souvenirs et imaginaires dans le tissu du rêve
s'effacent
alors s'imprime
la réalité du présent
immédiat
sa magie
sa grâce
tout cela
que l'on reconnaît unique
et que l'on sait universel
Et si le tricot du temps bouloche
l'écorcher vif
lui faire dire autre chose que de la durée
sinon
rompre avec la vie
maintenant ou jamais
Pourtant
elle
enlace le désir d'étreintes sages…
une déraison grave et
maîtrisée
Que rien ne se perde
que rien ne s'éparpille ni ne se fracasse contre les murs
du cœur et du temps
Elle enlace l'énigme
son silence est ma force dit-elle
mon souffle aussi puissant que l'émotion
pour traverser le territoire entre corps et parole
entre danse et mémoire
entre sang et sang
commencerait l'amour
à pas tremblés
à pas assoiffés
à pas étoilés
à pas de lave et de coulée
à pas de cohérence
ou cette voix :
" ne meurs pas, surtout ne meurs pas " …


puis fulgure sans simulacre
un imprévisible annoncé
une sincérité inébranlable qui pourtant oscille
entre enthousiasme et désespérance
une exigence qui annihile la tension dans le feu de faire
fulgure sans simulacre
une émotion épurée
le rayonnement du sens
son don total est liberté : un vol qui ne veut pas se poser.


La pause : un pied de nez à l'abouti quand la sérénité de l'indépendance obéit aux inclusifs flux magnifiques de l'amour. N'en pas sortir.
Ainsi muer.
Un nimbe accompagne la silhouette
Un nimbe : aussi bien ce qui éteint que ce qui attise
ce qui calcine et ce qui blanchit
ce qui assèche et ce qui humidifie ce qui
en tout état de cause présente son tranchant …
Le chant de la lumière se tient parfois cambré :
un œil en arrière d'où vient le monde ?
un œil au devant où vais-je ?

L'équivalent : la danse.

Son énoncé articule ce que la bouche tait
et la matière peut-être prononce ce que ne savons pas répéter.
quand le corps se fait idéogramme
chorégraphie et calligraphie
procèdent du même souffle
génèrent le même écrit
Virer : même parfois
pour oublier
qu'on ne peut aller plus loin
tourne et vrille en toi profond
ce mouvement de vie
qui interdit aux vases de se déposer
drague de vagabondages en dérives
emmêle les surfaces
éclaircis les eaux
jusqu'à la transparence de l'être
Alors
avec ou sans peau
Pleure-danse :
comme un départ sans adieu….
Un profil
un fluide
un tourbillon
un accent
un timbre
la couleur palpite
la chaleur accélère
tout conduit au silence et à son large
tout court jusqu'au bout de soi
une cruauté dans le désir de vivre
une douceur dans le désir de meurtre
mourir à soi-même
Est-il nu, est-il mort, est-il suicidé, est-il mué ?
Avec ou sans peau
danse
entre deux rochers
à la merci du rasoir
OUI
danse et mue jusque sur les grèves
jusqu'aux creux des anses
danse
jusqu'à la flottaison
glisse-toi dans l'envol
traverse la rumeur
ourle avec la vague le tissu de la liberté
drape ta fougue
et revêts un instant les parures invisibles du vent
telle est la danse du veilleur
sa mue frise le désert
de présences éternelles
les secrets n'ont plus de poids qui ne vieillissent pas ensemble mais leur élan demeure et leur chaleur juste donne la réplique
une apparition sans offense qui ne connaît pas d'escale, qui ne suit aucune volonté : tel serait un voyage inattendu dans l'ordre de l'éclipse
où le nom n'est rien face à l'origine
manière de l'exil
façon de renouveau
façon d'offrir à la continuité
une nudité écorchée
et puis
aller ensemble dans le langage et dans l'aimer…
Avec ou sans peau
c'est l'étreinte du monde ,
la réconciliation : rêve de l'esprit et concret corporel

Muer :
c'est l'étreinte du monde, elle offre le discernement.
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© Béatrice Machet, Extrait du recueil "Muer"

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Voyage en Vaucluse


Entre Saint-Antonin et Pertuis (été 2001)

Un

J'ai imaginé ouvrir un livre. je l'ai d'abord désiré dépeuplé.
Je l'ai lu comme un adieu amer et tendre, doux et fuyant. je l'ai lu la pupille dilatée quand les étoiles scintillaient dans le cœur. je l'ai lu la paupière baissée quand le soleil s'arrachait à la nuit .
Le monde lunaire s'est coulé dans le sang de l'aurore et les pages palpitent désormais.
J'ai imaginé ouvrir un livre. A l'envers du temps, à l'envers du souffle, et l'envers des paroles inversait la pluie intérieure pour creuser l'arc-en-ciel. Il vogue et je me suis embarquée.
J'ai imaginé un livre et je l'ai lu comme un voyage. Les eaux tranquilles de la présence gravaient les noms de la joie.
Voilà : j'ai ouvert un livre pour que tu ne t'échoues pas sur les récifs imaginaires de l'adieu amer et doux, tendre et fuyant. Mon paysage exaltait ton sommeil, captivait la lumière. Le pèlerinage du rêve poursuivait l'immobile, foulait le néant. Son élan aspirait l'infini qui nous attend, nous prête sa naissance, nous prête sa vie, nous prête sa mort sans jamais s'éroder sur les crêtes, sans jamais se perdre dans les tempêtes, sans jamais engloutir l'île du partage que je porte au dedans. Ce lieu m'épelle. Ce lieu t'invite.
J'ai imaginé l'impermanence et la nudité du livre. Je l'ai lu comme une trêve pour que tu ouvres le manque, que tu dissèques à vif le frisson. L'annonce des fièvres couve la pulpe que les foudres éblouiront dans un poudroiement de lèvres.
J'ai imaginé un livre hors d'haleine qui échapperait aux saisons de la nostalgie. Je l'ai lu jusqu'à la fin pour que l'énigme de nos visages et l'éclat de nos regards sourdent. J'ai imaginé le livre de l'horizon pour que l'inattendu l'étreigne.
J'ai imaginé la grâce, j'ai lu l'éclaircie des cendres. J'ai compris le rassemblement.
Je guette les prochains arrachements comme autant d'occasions d'être pure.
J'ai imaginé pouvoir être la gardienne du blanc.
J'ai ouvert un livre et ma pensée te rejoint pour que tu me prennes au bond sur le mur du son.
Qu'il n'y ait plus ni flèches ni cible, qu'il n'y ait plus de livre. A la vitesse des photons il n'y a plus qu'à lire le don et sevrer ton attente : là où je m'efface, je te touche.
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Deux

Ni désarroi ni mensonge : mordre, et vivre tout l'espace chair tendue. Accepter que frappe le débordement aux lèvres, aux sources. A vif l'écho qui pourtant invoque le sel. Dans la rage du verbe : la voix sans appui. L'équilibre intime est la démesure de l'égarement.
Imaginer que le livre puisse servir un heureux exil, quand vivre serait l'ivresse du frémissement, le soulèvement au cœur quand tout instant serait celui de retrouvailles.
Si les mots ont une chair
ma bouche les sertit
au plus aimé de l'ombre
Dans mon sang infusent les signes que vents et esprits dérobaient à l'innocence.
Le livre était matin des lendemains. Le livre était caresse des veilles. Le livre était un œil pareil au ciel de ton oubli momentané.
Le livre était une main pareille au seuil de mon oubli momentané.
Et les instants d'oubli se conjuguaient. J'imaginais, tu mettais en images. Les instants écrivaient l'épanouissement qui embrassait d'autres temps, d'autres voyelles, d'autres consonnes, aux petits soins pour conserver intacte la saveur du potentiel malade de sa raison. Celle qui parfois regimbe quand il s'agit d'agrandir la vie, celle qui parfois me souffle des réparties.
Qu'importe le concret, il y a tant de vies dans nos vies, tant de livres comme autant de mises en orbite… Ta vie, ta voix, ton affection. Un livre à lire dévêtu pour éprouver le lisse, pour savoir l'écorchure, pour soupeser le poids du don, pour connaître la vitesse de la traversée, pour mesurer la force de la gravité.
Pour parvenir en résonance et approcher la transparence. Pour assister la liberté de l'évidence, participer à la justesse et décrire les spirales dans la fluidité de l'approche non réfractaire au feu.
Restituer parfois l'opacité pour y voir clair. Un livre exorcisant l'irréparable.
Un livre vertical où les houles de la solitude ont lavé les cadavres injurieux, ont abreuvé le désincarné. Un livre pour se vouer au sourire de la conscience, de la confiance. Ne rien provoquer qui serait à regretter, ne rien proposer, simplement imaginer ouvrir un livre pour y faire une halte. Y lire le recueillement comme une signature du vide, l'application douce et amère, tendre et fuyante, y lire aussi la moisson proche et le partage offert au devenir d'être.
Imaginer ouvrir un livre. Y découvrir le désert vierge avec l'envie d'ensanglanter le blanc.
Imaginer ouvrir les initiales et reconnaître les captifs qu'elles recelaient dans les angles morts. Mais leur survie est déjà le fruit, le ressac le mûrit.
Voilà : le livre ne nous accorde rien mais témoigne de l'aimant-ation

Mormoiron 1er novembre 2001

L'
alliance dans la distance
l'échange dans l'écart accueille toujours davantage
Entre voix et silence
l'abîme rouge pourpre et jaune doré
que rien ne peut combler
sinon une mort
or vivre à la grâce du cri
à la grâce du chant
et qu'odeurs et couleurs caressent la voie Bouddhiste
dans les secrets de la croûte terrestre exhaussée de la mer
On dit : passer sous silence
comme on dirait une longue agonie
comme on dirait un puits
comme on dirait les cendres tiédies
comme on verrait la lame inciser
comme on vivrait sur les remous d'un sillage
comme on éviterait le seuil
comme on rejetterait l'eau et le feu
comme un courant d'air contraint qui jaillirait plus loin tel le merveilleux éclair
passer sous silence : présage de l'explosion

 

Oppède Le Vieux

Une longue journée dégouline
de la pluie suer les carreaux
de la distance humide entre la vie et le monde pour reverdir un printemps tardif
Une longue journée
dans la trappe du temps
les oubliettes de l'amour luisent
un lacis fluide dont la résurgence inverse le cours
d'une longue journée
Tellurique
anticyclonique
contre le ciel un vouloir de migration …
Partir
tel est le sens et justifie l'élan du feu
l'élan de la marée
la trajectoire du vent
l'aile imprévisible de l'oiseau
la courbure en plein ciel
l'herbe et les blés couchés
la reptation et le glanage
les vagues et l'épanchement
partir
le regard au loin
comme un deuil assumé
Partir les pieds palpitent à même le cœur pur de la terre
Partir
mon sein nu attend ta caresse
pareil au grain de ton chapelet dont l'espoir est de s'échapper

© Béatrice Machet
extraits de voyage en Vaucluse - inédit, 2002

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Texture

Repose toi dit-elle
la page
Repose toi
Abandonne le contrôle conscient de ton soi-disant moi
sois sage ne regrette rien
Repose toi dit-elle
puis je viendrai à ta rencontre et nous méditerons le bien fondé
de l'acte de construire
brique après brique
la tension dans la pesanteur
dans le monumental désir
d'asseoir
ou dans le secret espoir
de l'effritement
Repose moi dit-elle
la page
alors je te laisserai deviner le bonheur plein
du tissage
l'accroc toujours réparable
la légèreté
le volume souple
le malléable
le déformable
dans la rigueur de l'entrelac
le lâcher prise et l'ascension
le vol en altitude
l'extension de toutes les dimensions
Construire est isoler :
mesure
comptage
un lent épelage
Tisser pour relier la dé-mesure
Ainsi le commencement de l'écrit
dans les réseaux du silence
où le souffle s'engage
et dépouille des mortes-peaux
tandis que maille à maille
le scintillement
de la pupille au poignet va et
danse son assouvissement
Tê(x)tes contre tê(x)tes
deviner l'ossature
la structure
la charpente
le solide où s'inscrit le fragile du cristal
mais textes après textes
deviner l'élan
la chorégraphie aérienne
du vertige
Fi des articulations
la fluidité dans toute sa plénitude
d'être
l'espace
c'est à dire une conscience
c'est à dire la magie vivante
d'une respiration infinie
qui ne connaît pas les cloisons alvéolaires
Fi des frontières
le oui circule
gourmand
puissant
renversant
ah la jubilation paisible
d'avoir rejoint
sur le trajet des mots
l'unité primordiale
où se confondre
avec l'avant-goût de la naissance
sur le chemin de la bouche à la main.

© Béatrice Machet

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Trois textes

Justiciers de la roue qui savez voir à travers le crime
ce qui le pulvérise
Dites le cercle en terme de croissance
Détournez les morbides alliances du révisionnisme
de la mémoire
Soyez précis dans l'effondrement
… Refus du prédateur à penser en terme de proie
La terre seule pour panser en terme d'apothéose.

Texte paru dans la revue Parterre verbal en 1999


…Laisser rendre un hommage qui jamais ne sera le dernier :

Un autre jour
à double tour

Vire la danse
aux allures d'errance

Resterait à prédire
une insistance

Stomp-dance Grass-dance
sur le sol de la survie

Gonfle ravivé
l'arc-en-ciel
et glisse
l'esprit
promis à l'apaisement
car l'alphabet chromosomique
n'a pas encore écrit son dernier mot

C'est ainsi
qu'un langage habite
comme hors d'atteinte

Demeure la cellule
et bien plus que miroir
se combine l'histoire

Vertige à l'envi
qui est l'annonce de l'étincelle
dans l'éparpillement des pailles
Toutes semences confondues
les gardiennes des saisons
en sentinelles
guettent les reliefs
de l'incendie

Chauffé à blanc l'oubli
cautérise les plaies
par où s'évadent
des hémorragies de sagesses
des constellations de braises
dans le ciel cadencé
des fondations

L'un prononcé
donne le la

Une mesure sans témoin
un silence témoigné

Le temps voué aux chants
ancêtres de la voix
parcimonieux ou généreux…..

Aucune autre maturité
que celle de l'arbre
à désirer

Texte paru dans le recueil "De quoi s'étonner encore de vivre" paru aux éditions Encres Vives


… Et un inédit écrit en juin 2000

non pas droit

courbe comme la lune et le soleil qui alternent dans le ciel
et font décrire des spirales à nos visions
à nos amours à nos élans
autour de l'axe vertical de la dignité

courbe comme les cercles du temps
tout comme notre terrestre horizontale
épousant la rotondité

courbe comme le creux de la vague
qui roule et berce les germes de vie

courbe comme le cœur
dont les battements sont
les marées du règne animal

courbe comme la femme
son esprit de résistance sa force de survie
femme courbe qui ne se rend jamais
noble est sa prière
légère sa sagesse
et l'avenir au fil de ses gestes
caresse le sol
puis danse et s'élève
dédoublé

féminin et masculin adulte et enfant
font la ronde qui n'a ni commencement ni fin

courbe comme l'enfant
lové dans la matrice maternelle
un changement circulaire en soi-même
ce qui demeure et ce qui devient autrement
ce qui manque déjà ce qui est encore en trop
pourtant juste

courbe comme la patience
dont les volutes lient pour ne jamais rien séparer
des repères semblables au quotidien
hier et puis demain au sommet du sourcil
pour veiller sur l'œil et ses déboires illusoires

courbe comme l'instinct
sans mensonge ni jalousie
à peine enfoui tapi présent
qui sait offrir tout ce que l'on ignore de soi
qui sait emplir et recevoir
tout besoin de vie aux confins du possible
sans crainte
juste

La voix n'articule aucune forme

Les lèvre n'énoncent que des sons

Tout défaille
sur le seuil glissant des mots

Rétif et rebelle le sens
accompli aussi bien dans le mouvement de la vague.

Une connaissance sans mémoire pétrit
la matière palpable comme impalpable.

Nulle ligne de partage des eaux
des ricochets d'échos pour tisser l'étoffe tiède où se blottit l'énigme.

A tous niveaux confondus
dans toutes fibres comprises
de l'écorce à la moelle
du liber au cortex
toutes nervures toutes sèves conduisent
là où les odeurs là où les chaleurs accompagnent le sang
dans les réseaux savants du langage.

Ainsi l'a promis le souffle
sur le seuil vacillant des mots.

Le corps le squelette la terre
le silence la poussière
la ruée l'incendie
tous savent de quoi je veux parler
mais rétif et rebelle le sens
accompli aussi bien dans la course du soleil.

Quelle quête justifie la fuite de l'horizon ?
Quel brouillard se prépare, quelle vapeur couve une vérité éternelle ?

Quel gaz s'échappe substantiel
et pénètre l'intime pour que l'être
de mille scintillements secrets
épouse la sphère de son destin ?

Une pelote de pollen pour l'abeille
une toile de soie pour l'araignée
une bouse pour le scarabée

une bogue pour la noix
une cosse pour le petit pois

Et l'homme dans tout çà ?

Toux sèche
quinte
déchirure dans le nocturne
puis
plis et replis des tissus
mise à l'abri
avant que lambeaux ne soient devenus

on dit c'est l'allergie
comme pour ne pas souiller l'innocence
des victimes

responsables ? d'avoir renoncer ?
serait ce la patience que l'on entend siffler,
est-ce la paix que l'on nomme aussi : asthme ?

Chaque pas
chaque geste
tricote tisse coud
l'étoffe de l'être

chaque rumeur du sang
vient lécher quelques plages intérieures
quelques tissus clandestins

chaque battement du cœur
est le refrain innocent
appris de la mer contre le roc

chaque larme versée issue du plus profond
nimbé d'émotions
apprend la pesanteur réparatrice
et le bienfait de la consolation

Alors le sel déposé fourmille sur la peau en cohorte innombrable
une écriture sans illusion
par évaporation

Au plus près du vivre elle délivre de tant de noms
renoue avec l'enfance
au plus secret du sommeil
au point de fusion
là où le sens est pur et
léger
juste.

© Béatrice Machet avec Parterre Verbal et Encres Vives

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