Ecritures d'ailleurs
Georg Trakl
C'est cela, entre autres, qui est émouvant chez Trakl, que le "destin privé figure cruellement la destinée d'un moment du temps, moment qui brille dans la chair de ses poèmes d'un éclat terrifiant. Sur la voie du malheur, Trakl donnait voix au malheur, reconnaissant toutefois: "tandis que je poursuis lentement mon chemin/un amour infini m'accompagne". La passion trakléenne, une possibilité de rédemption toujours l'oriente. La voie d'accès vers le bleu n'en reste pas moins de s'abandonner à suivre où le sentier fait pente.
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Georg Trakl
Déclin d'une terre, passion d'un homme
par Hans Freibach
"Il fait uvre de poète. celui qui, sous le poids des faits, donne sa conscience à ce qui l'atteint, le brise ou le détruit: et je suis sur que l'acte poétique le plus extraordinairement pur est dans une façon de mourir: dans l'hystérie du martyre ".
Joë BousquetSi le "destin privé", fut toujours "noir et proche" ( I ) pour Trakl ce fut peut-être là l'effet d'une posture liée à la volonté de "faire face au temps comme il nous cherche", selon l'impératif shakespearien. Cette attitude l'amena à construire son être d'une manière sacrificielle seule capable de le mener à la compréhension de son temps.
Trakl entra en sa passion s'apostrophant ainsi: "toi, bête bleue, qui tremble en silence; toi le prêtre blême qui l'égorge sur l'autel noir" et ainsi devint une de ces "âmes sacrées" , dont parlait Baudelaire, "vouées à l'autel, condamnées à marcher à la mort et à la gloire à travers leurs propres ruines. Un détour par "Le fondement d'Empédocle" de Hölderlin (cf. La Pléiade, uvres Complètes, p. 656-668) nous aidera à mesurer l'étrange échange de réalité qui s'opère dans ce sacrifice.
Fatalement pris. Il semble qu'il y ait chez Hölderlin l'idée qu'il est des moments dans les époques de l'histoire où celles-ci cherchent à résoudre leur conflit dans divers individus jusqu'à ce qu'elles trouvent celui où elles présentent comme visible et achevée leur tendance la plus secrète: "une pareille époque mobilise tous les individus exigeant d'eux une solution, jusqu'au moment où elle découvre celui qui répond de façon évidente et accomplie à son besoin inconnu, à sa tendance secrète et à partir duquel la solution trouvée, doit se transmettre alors, et alors seulement, à l'universel". N'est-ce pas là définir proprement une "passion" ? Comme l'Empédocle de Hölderlin, Trakl est "fils de son ciel, de son époque, de sa patrie"; sa constitution psychologique même - son "caractère" dit Hölderlin - recèle le conflit de ce moment du temps dont elle est le produit. De fait, Trakl est pris dans l'effondrement orgueilleux de l'empire austro-hongrois, ballotté dans le naufrage d'un univers culturel, prisonnier du basculement de tout un monde historique, enténébré du crépuscule métaphysique de l'Occident. seo company London
Il reste comme fatalement pris - "continuer à vivre ici m'est désagréable jusqu'à I'écurement, sans que je trouve la force de me décider à partir" (à Ludwig Von Ficker, Salzbourg, 23 novembre 1913) (2) - dans le triangle marécageux et ténébreux de Salzbourg, Vienne et Innsbruck, villes dont il haïssait la mentalité bourgeoise et la culture décadente tournée vers un hier de simulacre, villes dont il honorait pourtant de sa présence les cafés littéraires, quoique d'une présence silencieuse et sauvage où il buvait plus qu'il ne parlait, villes dont on pourrait dire ce qu'il disait de Salzbourg à Karl Borromeaus Heinreich le 19 novembre 1913: "que cette ville de pourriture est sombre, remplie d'églises et d'images de la mort'', villes où "tout s'enfonce dans l'obscur", où "I'esprit du mal paraît sous son masque d'argent" quand "la lumière de son fouet magnétique, chasse la nuit pierreuse", villes que cadastrent l'abattoir, I'hôpital, le cimetière, villes vers où vont les "trous noirs des corbeaux , villes "froides et mauvaises" où dans "I'affreux rire de l'or" "habite une race en décomposition, villes, figures même de l'Occident, où tout dit "la proximité de la mort". Карта Одессы,снять квартиру в Одессе, Apartments for rent Odessa, Ukraine.
Ainsi Trakl fut l'homme en qui s'opéra la fusion des oppositions qui déchiraient son époque, elles devinrent "un en sa personne", "fusion telle, dit Hölderlin, qu'en lui l'informulable se formule". Prenons garde que si "I'informulable se formule", il n'est pas pour autant nommé comme tel : il se formule précisément comme informulable. Ceci expliquerait qu'il se formule sans fin, qu'il se réitère, qu'il revienne et permettrait de rendre compte, en liaison avec le thème de la faute, de ce côté répétitif de thèmes et des images qui ne manque pas de surprendre le lecteur de Trakl. "L'époque exigeait un sacrifice, où l'être entier revêt la forme réelle et visible de ce en quoi le destin de son époque semble se résorber". Ainsi en l'individu qu'était Trakl l'époque trouva-t-elle à s'individualiser. Celle-ci le travailla tôt: "sur le garçon pesait la malédiction d'une race dégénérée", celle-ci entra "à pas pourrissants" et saisit tout: "amère la mort, la nourriture des coupables, dans les branches nues du tronc, se désagrégeaient, grimaçants, les visages de la terre ", ainsi "l'objet qui s'individualisa en lui", selon Hölderlin, "lui conféra sa singularité".
La voix du malheur. Cet "objet qui s'individualisa en lui", les poèmes de Trakl le nomment : c'est "le tourment sans fin de la terre", "le déclin bouleversant de la race", déchéance d'une période de l'histoire et du destin métaphysique de l'homme occidental. Pour cette uvre, il fallait souffrir cette vie. Ainsi ce qui se joue dans l'uvre lui "confère sa singularité", sa vie où, naufragé "en une tristesse indicible", vivant entre "la fièvre et l'évanouissement" (à Karl Borromeaus Heinreich, autour du 19 novembre 1913), "perdu entre la mélancolie et l'ivresse", (au même, janvier 1914), engloutissant "une mer de vin, de schnaps et de bière", sans parler du chloroforme, de l'opium ou de la cocaïne, Trakl n'hésite pas à trouver "répugnant" son état quoiqu'il ajoute "mais je le sais déjà. Je boirai à nouveau du vin ! Amen !" (à Erhard Buschbeck, fin automne 1911).
Tel est l'étrange échange de réalité dont nous parlions: "ainsi l'objet apparut en lui sous forme subjective", dit Hölderlin de son Empédocle, "tandis qu'il avait, lui, adopté la forme objective de l'objet". C'est cela, entre autres, qui est émouvant chez Trakl, que le "destin privé figure cruellement la destinée d'un moment du temps, moment qui brille dans la chair de ses poèmes d'un éclat terrifiant. Sur la voie du malheur, Trakl donnait voix au malheur, reconnaissant toutefois: "tandis que je poursuis lentement mon chemin/un amour infini m'accompagne". La passion trakléenne, une possibilité de rédemption toujours l'oriente. La voie d'accès vers le bleu n'en reste pas moins de s'abandonner à suivre où le sentier fait pente.
"Vouloir tout à fait ce que l'on veut". Quand "tout s'enfonce dans l'obscur", quand "tout ce qui devient semble malade", quand "tout dépérit", quand c'est "l'heure amère du déclin", il n'en reste pas moins que "dans les branchages un doux esprit fait signe/et ouvre le cur vaste et angoissé". Tel est le merle, l'oiseau qui chez Trakl appelle dans le déclin. Le merle indique la voie : partir, quitter "la maison en ruines", et c'est mourir, c'est-à-dire déposer "la forme décomposée de l'homme: faite de métaux froids "et libérer" l'étranger", le "solitaire", "l'apatride", "I'âme/gibier bleu" qui saura "se souvenir de sa sente/de l'harmonie de ses années mystiques".
Ainsi Trakl se fit-il l'homme du déclin, ainsi entreprit-il de décliner, de s'avancer, comme pour la traversée d'un désert, dans le déclin, d'aller "par les sentes obscures de l'homme". Trakl sut vaincre cela même que Joë Bousquet nomme "la difficulté la plus grande": "vouloir tout à fait ce que l'on veut".
Ainsi le verra-t-on toujours soucieux de "rendre à la vérité ce qui est à la vérité" (à Erhard Buschbeck, fin automne 1911). Si partout fleurit le mal, si partout "sous des masques blêmes l'esprit du mal regarde", si partout sous le regard du mal tout s'enténèbre d'effroi, se noie de silence, se couvre de lèpre, ces "fleurs du mal" n'ensoleillent pas le jardin trakléen. Entendons par là qu'il n'y a chez Trakl aucune complaisance morbide avec ces fruits de la démesure d'une "race maudite", aucun plaisir possible dans "le sombre et le taciturne". Au contraire chez lui "l'âme se réjouit d'un regard juste". Elle ne saurait donc cultiver ces fleurs-là sans tomber dans l'injustice: ce désaccord entre l'homme et l'univers, cette dissonance dont la beauté est le juste contraire. Trakl ne s'établit pas dans le déclin, savourant sa plaie. Il entend traverser le mal: "l'étranger se perd dans la ruine de novembre/sous les branches pourries près des murs pleins de lèpre/où est allé déjà le frère sacré/plongé dans les doux accords de sa folie". (Holderlin ou Novalis ? Qu'importe !) Telle est sa passion: "ô mon Dieu, quelles ténèbres, quelles culpabilités devons-nous traverser ?" (à Karl Borromeaus Heinreich, début janvier 1914) ou encore "ô mon Dieu, quelle damnation dois-je subir?" (à Ludwig Von Ficker, fin novembre 1913). S'il veut vivre l'enfer de ce déclin-là et répondre à l'appel du merle, tout en ne sachant pas où cela le mènera, il sait pourtant que "l'obscurité taciturne/achemine l'esprit".
Au "voyageur dans le vent noir" "apparaît la petite auberge du chemin". L'auberge est le lieu trakléen intermédiaire entre la ville pourrissoir et la forêt-interdite. Il faut entrer à l'auberge car elle est le lieu de la contradiction même : lieu de perdition mais aussi de révélation. Suivons cette véritable expérience, au sens de mise en danger dans un parcours, d'avancée vers l'inconnu, qu'est le poème en prose "0ffenbarung und untergang", traduit soit par "Révélation et déclin", (Marc Petit et Jean-Claude Schneider) soit par "Révélation et perdition", (Robert Rovini).
Suivant les sentes du malheur au pays du mal total, physique et métaphysique, le narrateur arrive à "l'auberge déserte". Il y fait un séjour solitaire. Il s'y enivre jusqu'à n'être plus qu'un "cadavre radieux" pour qui tout est pourrissement, y compris le bleu.
De ce séjour mortel "sort" "la forme blême de la sur", figure redondante de la faute, dont "la bouche en sang", invite à plus de déchirure encore: la mort veut la mort. Toutefois rester dans l'auberge serait demeurer dans la logique de la "mort amère". Or quelque chose perdure puisque "je veux marcher, muet", dit le narrateur, quelque chose comme une volonté de bleu qui pousse à "continuer à vivre et à agir selon la vérité" (à Ludwig Von Ficker, fin novembre 1913), quelque chose donc qui pousse à sortir, à quitter l'auberge, à longer la
lisière de la forêt dans un mouvement descendant et initiatique qui conduit au rapt d'une folie qui va libérer en lui la force d'un cri: "mais comme je descendais le sentier rocheux, la folie m'empoigna et je criai haut dans la nuit", ce cri le plie, l'incline, lui, le déclinant, vers "les eaux tacitumes" où lui apparaît l'évidence: "je vis que mon visage m'avait quitté". Le "je", n'est plus rien. Nada !Alors seulement au terme de cette dépossession de soi peut se faire entendre la "voix blanche", sans repères, inouïe, qui impérativement lui commande de consentir à son anéantissement: "et la voix, blanche, me parla : tue-toi !" Il s'agit de donner à la mort ce qui depuis toujours appartient à la mort pour que celle-ci soit ouverture, passage. Le regard de cette parole est si présent, qu'insupportable, il le jette à terre, "en pleurs". Quand ainsi "la forme noire du mal s'écarte", que les choses du monde sont rendues à elles-mêmes dans une "douce paix", que le "silence d'hyacinthe de la nuit" le saisit, contempler "le ciel bleu... haut et plein d'étoiles", c'est, pour le narrateur, mourir ("et comme regardant je mourais") étant entendu que c'est alors rendre à la mort son bien : peur et douleurs traversées, ce qui est proprement faire mourir la mort. Dans cet abandon, les choses du monde sont rédimées et la part maudite, "cadavre d'enfant", sort de son ombre; la terre "l'expulse". Il y a bien là comme une apocalypse; ainsi l'orage déchire le ciel pour laisser en écharde un bleu encore captif par où, dans la paix retrouvée, nous reviendra la lumière.
*
Si Trakl vécut le "on ne part pas" de la Saison en enfer de Rimbaud, si c'est bien un "mort" qui "quitte la maison en ruines", ayant seul compris la "légende" qu'"à voix haute chantait un oiseau" : "faut aller mourir, faut aller mourir !", c'est que l'expérience de la mort mystique (la tradition de la mystique allemande est là bien présente) dévoile aussi les figures de ceux qui partent : le "solitaire", "l'étranger", "l'apatride ": "qu'importe le tournant ! Vois de mes plaies fleurit énigmatique une étoile dans la nuit".
Telle est la passion trakléenne: s'offrir aux "vautours de Dieu" afin qu'ils "lacérent ton cur de métal". Il faut sacrifier le moi, sa position centrale imaginaire et pour cela passer par la douleur, endurer les souffrances comme Persée se rendant aux extrémités du monde occidental pour couper la tête aux serpents, tête de Méduse qui fige tout dans la décomposition, dans "les terreurs de notre sang nocturne".
Avec la "tête décédée", c'est "la forme décomposée de l'homme" qui se trouve dé-posée, ouverte comme pour une naissance, celle de "l'étranger" qui "lève ses paupières sur une chose humaine qui est au loin" comme sont au loin, au sud, les pays des oiseaux dont "la migration... salue au passage" - saluer, c'est indiquer la voie, élever la voix aussi comme un appel -, pays dont Trakl dit "les beaux, les autres", pays où quelque chose, ailleurs, commencerait vraiment.
Notons l'effet de balancement de la contradiction chez Trakl car il est d'autres vols, notamment ceux des corbeaux - oiseaux, avec les moineaux, privilégiés dans leur rapport à la pourriture, à tout ce que la décomposition peut avoir de physiquement horrible - qui "dirigent vers le nord leur vol et s'évanouissent comme un cortège funèbre".Gravir vers le minuit. Si "l'âme est chose étrange sur terre", si elle "médite" sur les oiseaux qui sont partis au loin, si elle est vouée à l'en-avant d'un parcours, si le "gibier bleu" est toujours en chemin à la lisière de la forêt, c'est que ces départs-là ne sont jamais de vrais commencements, ils recommencent tout au plus sans cesse en quête du vrai commencement.
Ainsi ce "visage qui s'est défait" reste-t-il toujours prêt à renaître, le "gibier bleu" peut redevenir gibier. Que renaisse ce visage et c'est à nouveau la saison en enfer, les ténèbres à traverser, les culpabilités à souffrir, la damnation à subir. C'est parce que le mal en ses métamorphoses fait ainsi résurgence qu'il y a traversée, que l'on gravit "aiguilles aveugles vers le minuit", minuit à partir duquel pourrait commencer un nouveau jour, à partir duquel un vrai commencement pourrait avoir lieu (Trakl ne saurait oublier qu'en Occident, c'est au solstice d'hiver et à minuit qu'est né le matin chrétien).
S'il faut gravir vers le minuit c'est parce qu'il en coûte de décliner, de passer à la roue du déclin, d'affronter les "pires épreuves et boulever sements" (à Ludwig Von Ficker, 23 novembre 1913), d'accompagner en le précédant le couchant de ce jour du monde et, dans l'incertitude, se hisser jusqu'au point d'équilibre de cette chute : minuit, à partir duquel un nouveau matin du monde serait possible.
Et s'il fallait aller jusqu'à affronter la mort réelle, comme pour en finir avec le trajet toujours à reprendre, trajet exténuant de la souffrance et de la dépersonnalisation ?
Comment cela aurait-il pu ne pas être la tentation de Trakl qui affirmait, d'une part: "je suis certain que si je ne fais pas le mal ce n'est que par faiblesse et lâcheté", et d'autre part, dans la même lettre à Ludwig Von Ficker du 26 mai 1913: "J'attends avec impatience le jour où l'âme ne voudra ni ne pourra plus habiter ce corps malheureux, infesté par la mélancolie, où elle quittera cet amas risible d'excréments et de pourriture qui n'est que le reflet par trop fidèle d'un siècle impie et damné" ?
Ne prenait-il pas acte de cela seul qui lui restait : "ne reste plus que le désir de voir l'orage éclater qui me purifiera ou me détruira" (à Karl Borromeaus Heinreich, janvier 1914) ? Dans cette incertitude demeure pour nous à la fois la vérité et le tragique de Trakl. Parce qu'il ne sut jamais si les épreuves et bouleversements" visaient "à le détruire ou à le parfaire" son uvre où il entendait, on l'a vu, "rendre à la vérité ce qui est à la vérité", témoigne toute de cette alternative.
*Plus que jamais ici, avec Trakl, la poésie est parole et non discours, déchirure qui s'offre à nous, déchirement qui se dit sans qu'aucun dépassement définitif ne se laisse entrevoir entre les forces de damnation qui, le submergeant - "Des ténèbres de pierres me submergent", avoue-t-il à Ludwig Von Ficker, fin novembre 1913 - le travaillent, et les éclairs de rédemption, ces ouvertures en bleu, qui l'illuminent. Celle-ci est donc vouée à témoigner de cette passion comme la trace d'un homme et d'un temps pour qui l'amour salvateur non seulement fait défaut: "Mon Dieu, un peu de joie véritable et on serait délivré; de l'amour et on serait sauvé", confessait-il à Ludwig Von Ficker, le 26 mai 1913, mais dont 1'absence va se révéler par l'absurde dans l'horreur de la guerre, lors de la bataille de Grodek, entre le 6 et le 11 septembre 1914, où Trakl eut à soigner, dans des conditions épouvantables, quatre-vingt-dix soldats, tous mortellement blessés.
Quoiqu'il en soit, dans son déchirement même, la poésie de Trakl travaille à être toujours plus "impersonnelle" (à Erhard Buschbeck, fin automne 1911) afin d'être toujours plus fidèle à la vérité, c'est-à-dire à l'insondable énigme qui s'ouvre et qui est portée sans cesse à la présence dans la parole comme interpellation pour notre monde : or ce monde, au contraire, recouvrant toujours plus les oppositions, se ferme à toute possibilité d'émergence de quelque inconnu que ce soit puisqu'aussi bien sa clôture est verrou opposé à toute douleur comme aussi à toute douceur.
Hans Freibach
Notes
(1) Toutes nos citations sont extraites des uvres Complètes de Georg TRAKL. Gallimard, 1980.
(2) La revue Poésie 87. de Pierre Seghers dans son numéro de mars-avril publie en annexe d'un article de Sylvie Jaudeau. huit lettres de Trakl, inédites en ffançais, auxquelles nous ferons souvent référence.